La route de Cormac McCarthy
Résumé :
Mon avis :
Dans une Amérique post-apocalyptique, un homme et son fils errent sur les routes. Essayant de survivre par tous les moyens, ils cherchent à descendre vers le sud pour échapper aux conditions climatiques dures qui les ralentissent, à la famine qui les guettent constamment et à certains hommes devenus sauvages et qui ne reculent devant rien pour se nourrir, quitte à devenir cannibales.
Je vous avoue qu'en commençant ce livre, je me suis demandée si j'allais aimer. Le style était bizarre et il ne se passait pas grand chose. Le roman décrit la survie de ces deux personnes, leurs errances sur les routes, la peur qui habite l'homme de ne pouvoir survivre et donner à manger à son fils. Vu comme ça, ça paraît peu engageant et pourtant, par petites touches, l'auteur a su m'intéresser à son histoire et j'ai beaucoup aimé.
Ce que j'ai aimé est l'atmosphère, sombre et oppressante avec cet hiver de cendres perpétuel ! La couverture du livre reflète bien ce qu'il s'en dégage. Ne vous attendez pas à de l'action ou des rebondissements. On ne saura pas comment est arrivé cette fin du monde qu'on connait (une bombe nucléaire, sans doute), on ne saura pas qui est cet homme et les quelques flashbacks ne nous apprennent rien. On sait juste que l'apocalypse a eu lieu il y a longtemps (à peu près l'âge du gamin, c'est à dire 8-10 ans). C'est lent, c'est assez redondant mais cela m'a vraiment plu. Ne me demandez pas pourquoi, je ne saurais le dire. C'est redondant dans le sens où le matin, l'homme et son fils se lèvent, prennent la route en poussant leur caddie à moitié rouillé, ils cherchent à manger ou se cache et le soir dorment sous leur bâche en espérant que le jour suivant les verra se réveiller. Mais, personnellement, je n'ai jamais éprouvé d'ennui à cette routine car l'auteur sait parsemer son récit de pauses salvatrices, pour les héros et pour nous
Je pourrais, à ce propos, juste regretter que, quand tout semble perdu, il se produit un Deus ex machina qui leur donne de quoi survivre (au moins par deux fois ainsi qu'à la fin) mais si ce n'était pas le cas, le livre se terminerait au bout de 50 pages.
On ne sait rien des personnages, ni leurs noms (ce sont l'homme et le petit), ni leur origine. Le livre se concentre sur le présent, le fait que cet homme fait tout pour survivre et protéger son fils. Du coup, difficile de vraiment s'attacher à eux et pourtant, j'ai eu beaucoup d'empathie pour ces deux-là, seuls et perdus, pour cet homme qui ne baisse jamais les bras. C'est souvent émouvant.
Le style de l'auteur est ici très particulier. Je n'ai jamais lu d'autres romans de lui (j'ai vu No Country for Old Men au cinéma) donc je ne sais pas si c'est une habitude chez lui. Quoi qu'il en soit, son écriture est âpre, comme je l'ai déjà souligné, et fait très bien ressentir ce monde dévasté. On imagine bien ce que traversent les personnages. Le livre n'est pas divisé en chapitres mais en paragraphes souvent courts. Ses phrases sont sèches, ont peu de ponctuation, elles vont à l'essentiel. Les dialogues sont imbriqués dans les descriptions et c'est vrai qu'au début c'est déroutant, mais passées les premières pages on s'habitue et finalement j'ai bien accroché et je trouve que le style correspond bien à l'histoire. Je ne sais pas si j'aurais aimé si le livre avait été plus long mais là, je n'ai ressenti d'ennui à aucun moment.
En conclusion, voilà un film qui marque par sa dureté sans concession, qui en déconcertera sûrement beaucoup mais qui m'a beaucoup plu. Et si voulez savoir si l'homme et son fils arriveront à survivre dans ce monde dévasté, lisez-le. Quant au film, il est également à voir.
Note :

















